Je pénètre chez l'hygiéniste du côlon les fesses serrées. L'idée de me faire insérer un tube à l'intérieur du postérieur me couvre déjà de sueurs froides. Seul le besoin d'être délivrée des crampes qui me coincent périodiquement dans mon lit jusqu'à dix-huit heures d'affilée m'a décidée à honorer mon rendez-vous. Paraît que ça aide à maigrir, en plus...
Nous avons tous au moins cinq livres de matières putréfiées dans l'intestin, avais-je déjà entendu. Information confirmée par Lucie Courchesne, solide brunette bien arrimée dans le réel et présidente de l'Association des hygiénistes du côlon du Québec. Munie d'un abdomen ballonné et d'une ignorance crasse en matière de santé intestinale, je me suis pointée dans son bureau par un bel après-midi de printemps. Pourquoi se renseigner ? Le côlon n'est qu'un minable boyau rempli de saletés, après tout... J'ai, depuis, appris à ne jamais mépriser le rôle sacré des éboueurs. Surtout quand ils se nichent entre sexe et mamelles!
Assise dans le petit espace bien organisé de Lucie Courchesne, j'écoute, avant mon irrigation colonique, un cours accéléré sur le fonctionnement du gros intestin. Première constatation : le côlon est tout sauf un banal tube. Constitué de caecum, où il s'abouche à l'intestin grêle, du côlon ascendant, qui remonte jusque sous le foie où il fait un virage à angle droit, du côlon transversal horizontal, qui se rend du foie à la rate, et du côlon descendant vertical, du rectum et de l'anus, le gros intestin mesure 1,5 mètre. Combiné à l'intestin grêle, il contient davantage de cellules nerveuses que le cerveau. Non seulement cet organe est-il indispensable à l'évacuation des déchets, mais il constitue également un carrefour d'échanges tant vers l'intérieur que vers l'extérieur. En plus de son travail de déshydratation du bol alimentaire, le côlon a en effet pour fonction d'absorber l'eau et les sels minéraux, de produire et d'ingérer certaines vitamines (B12 et K) grâce à sa flore intestinale, d'évacuer les déchets hormonaux contenus dans le sang et la lymphe, et de défendre le corps contre les toxines et les germes nocifs. Et - surprise! - la sérotonine, ce délicieux neurotransmetteur notamment responsable de la régularisation de l'humeur, est produit à 95% dans l'ampoule rectale. Et moi qui me sentais déprimée...
Imaginez que les éboueurs de Montréal se mettent en grève durant des mois, voire des années. Au bout de quelques semaines seulement, vous observeriez des montagnes de déchets sur les terrains, les rues devenant des cloaques pestilentiels, les parcs transformés en marais grouillants de rats et autres parasites, et les habitants désespérés se débarrassant de leurs immondices dans le fleuve, polluant l'eau sur des dizaines de kilomètres. Imaginez maintenant l'état d'esprit des Montréalais...
Les effets d'un côlon encrassé sur le corps sont similaires : non seulement les matières stagnantes dans le côlon fermentent, se putréfient et génèrent de douloureux gaz, mais elles libèrent des toxines qui sont réabsorbées par la muqueuse intestinale (devenue poreuse à cause de la stagnation des matières) et envoyées via la veine porte vers le foie, les reins, le sang et la vésicule biliaire. Ces organes sont donc condamnés à travailler plus fort et s'engorgent peu à peu. De plus, chez un individu en bonne santé, c'est l'intestin qui reçoit les déchets du foie. Alors, lorsque c'est le foie qui devient le réceptacle des déchets, il n'a d'autres choix que de les renvoyer vers l'intestin et les reins, créant par le fait même un «cercle toxique». Enfin, un côlon embourbé ne peut libérer correctement la sérotonine dans l'organisme, ce qui fait qu'en plus de s'intoxiquer, l'individu ressent des symptômes accrus de fatigue, de dépression, de découragement ou encore des migraines. Loin de ce qui est généralement véhiculé, la constipation n'est donc pas une affection bénigne, mais un mal dont les conséquences à moyen terme peuvent être graves.
Le but de l'irrigation du côlon, me dit Lucie, est de rétablir un terrain intestinal adéquat. L'hygiéniste du côlon déloge les matières accumulées et réinsère des bonnes bactéries pour les mêmes raisons que le dentiste déloge le tartre des dents. La plupart des gens qui viennent consulter Lucie souffrent de constipation depuis des semaines, des mois, parfois même des années, et en sont à leur dernière extrémité. Selon un gastro-entérologue ami, les personnes souffrant de problèmes intestinaux ont augmenté de façon très significative depuis le début de sa pratique, il y a 17 ans. Formerions-nous une société de constipés? La question se pose...
Bon! Lucie m'invite à passer dans une salle de bain préalablement désinfectée (Hou! Que c'est propre!) et d'enfiler un curieux short en ratine équipé d'une porte arrière (Hou! que c'est drôle!). J'entre ensuite dans la salle de traitement, où Lucie m'invite à m'allonger du côté gauche sur une table de traitement (Hou! Que j'ai peur!). Après m'avoir lubrifié l'anus, elle y introduit un instrument en forme de Y, appelé protoscope. L'opération n'est pas douloureuse. L'une des branches du protoscope sert à envoyer de l'eau sérilisée tiède ou chaude dans le côlon et l'autre sert à l'évacuer. Tandis que l'eau entre, Lucie bloque la sortie, ce qui permet d'accumuler l'eau dans l'intestin et de déloger les matières qui y stagnent. Lucie me vide l'ampoule rectale, puis elle me fait tourner sur le dos. Les jambes repliées, bien soutenues par une barre de métal matelassée, j'ai tout le loisir de me détendre tout en la laissant me délester les boyaux. Elle me masse le ventre avec une huile épaisse, ce qui aide à déloger les masses encroûtées et stimule l'élimination. «Je vais faire une entrée d'eau. Tu me dis quand ça pousse.» Dix secondes plus tard «ça» pousse. Hop! Une quantité impressionnante de bulles d'air se précipite dans le tuyau transparent visible dans un petit miroir installé sur le mur. Aucune matière fécale n'apparaît pendant un long moment, mais beaucoup de grosses bulles. C'est grave, docteur? «Ce n'est pas grave d'avoir des gaz inodores, mais quand les gaz sont odorants, c'est signe qu'il y a de la putréfaction, donc qu'il y a des matières qui stagnent dans l'intestin» , me dit Lucie. Mais au fait, pourquoi aurais-je des machins putréfiés dans l'intestin?
Lucie m'explique alors que la surconsommation de viande, d'aliments raffinés, dénaturés et/ou acides, ainsi que le stress, engendrent beaucoup des problèmes actuels de digestion et de constipation. Lourds, dépourvus de fibres et de décomposition ardue, ces aliments ont tendance à transiter très lentement et à se coller à la muqueuse intestinale. Souvent affaibli par le stress, le pauvre côlon n'arrive plus à se débarrasser de ces sédiments gênants qui s'amassent et qui sont causes de maladies, telles que la maladie de Crohn, les diverticulites, le syndrome du côlon irritable, la colite ulcéreuse et le cancer du côlon. L'intoxication du système favoriserait en outre le développement des maladies auto-immunes, comme la sclérose en plaques, l'arthrite rhumatoïde et le diabète.
Aie! Une crampe. En plus, des spasmes violents secouent le tube de verre. Au secours! Qu'est-ce qui se passe? « Ton intestin est irrité, il est spasmodique. Tu vas voir, cela va se calmer. Tu sens une crampe parce qu'il y a une masse qui veut sortir. » Quelques minutes plus tard, j'évacue ladite masse. Ouf! Mais les entrées d'eau ne sont pas importantes, je suis incapable de supporter une entrée de plus de 25 secondes, ce qui est insuffisant pour amener l'eau jusqu'au côlon ascendant, où les matières sont encore liquides. Durant cette première séance, les entrées d'eau ne dépasseront pas 60 secondes. Mais qu'est-ce que je me sens détendue après! «C'est sans doute la sérotonine qui se libère dans ton organisme. En plus, l'eau chaude a calmé les spasmes de ton intestin. Après m'avoir envoyée aux toilettes évacuer l'eau demeurée dans l'intestin, Lucie me fait un implant de bonnes bactéries, l'irrigation ayant dépeuplé l'intestin de son indispensable flore bactérienne. Elle m'injecte environ 10 milliards de L-Acidophilus, L-Bifidus et L-Faecium de souche humaine, qui vont se multiplier très rapidement dans mon côlon et lui permettre de bien digérer.
Après l'évacuation, étant donné que nous n'avons pas réussi à nous rendre jusqu'au côlon ascendant, Lucie évalue qu'il me faudra revenir la voir quatre autres fois pour déloger les masses stagnantes et me conseille des enzymes de brocoli pour aider mon foie. Ce que je ferai. Ces évacuations et le bien-être qu'elles engendrent me permettront de passer à travers une période particulièrement difficile de mon travail. Merci, Lucie!
Un an plus tard, c'est chez Frank Pridham que je me retrouve pour un jeûne de sept jours au jus de fruits et de légumes accompagnés d'irrigations du côlon. À la suite d'un burn-out, j'ai un urgent besoin de vitamines, de repos et de nettoyage interne. La cure me promet les trois en sept jours seulement. Frank, qui pratique le métier d'hygiéniste du côlon depuis plus de 20 ans, me dit avoir commencé à cause de sa mère qui souffrait d'un cancer du côlon en phase terminale. Non seulement l'a-t-elle guérie, mais il s'est aussi trouvé une vocation. Aujourd'hui, Frank ne pratique que des irrigations accompagnées de jeûnes au jus frais, plus détoxiquant et moins fatigant pour le système qu'un jeûne total à l'eau.
La veille du premier jour, je me procure chez Frank une boîte de fibres végétales (psyllium) et une autre d'un liquide gris appelé bentonite. Je devrai prendre une solution contenant une cuillerée de chaque substance dans un verre d'eau, quatre fois par jour. Le psyllium, en prenant de l'expansion dans l'estomac, va activer le péristaltisme (mouvements intestinaux) dans l'intestin et me permettre d'éviter la sensation de faim d'un estomac vide. Combiné à la bentonite, le psyllium agit tel un papier sablé très doux sur les parois du côlon et déloge les matières fécales et le mucus accumulé.
Quotidiennement, et durant six jours, le psyllium sera évacué par les irrigations. Frank m'explique que les deux premiers jours, les selles évacuées au cours du traitement sont normales, mais qu'au bout de trois jours, on observe un énorme changement dans la couleur et la texture. Les matières fécales deviennent de plus en plus sombres, souvent noires, caoutchouteuses et accompagnées de plaques de mucus. Elles redeviennent habituellement claires vers la fin, quand le processus de nettoyage est achevé. Plus les matières sont noires, plus elles sont anciennes et donc plus longtemps elles ont stagné dans l'intestin. Certains grands consommateurs de pâtes blanches et de beurre d'arachides ont même un enduit caoutchouteux qui tapisse entièrement les parois de leur côlon et qui prévient l'absorption des vitamines. Quelle horreur! Mais, me dis-je, moi qui me nourris très bien et qui suis jeune, je ne dois pas avoir les selles bien noires, ni surtout de machins de caoutchouc! Ignorance, quand tu nous tiens...
Première irrigation, donc, après une demi-journée à boire jus de melon frais (miam!) et jus de carottes-poivron-laitue (pas mal). Je dois boire entre six et huit verres de jus frais de 12 à 14 onces par jour. Je n'ai pas faim, à cause du psyllium, et il en sera ainsi durant les sept jours. Durant l'irrigation, Frank procède avec douceur et maîtrise. Ses mains expertes savent immédiatement trouver les points douloureux sur mon ventre et les masser pour faire passer les masses et les crampes. Je vais le voir quotidiennement durant six jours consécutifs. Déjà, la seconde journée, il constate que mon corps s'est mis en mode «désintox» à cause de l'apparence de mes selles, plus foncées. Au troisième jour, elles sont noires et pleines de mucus « Tu manges trop de produits laitiers », me dit Frank. Je pense en rougissant aux demi-litres de Häagen Daas avalés devant la télé. Hum! Difficile de se sauver avec un tuyau dans l'anus. Mais Frank me regarde avec un gentil sourire. Il en a vu d'autres!
La désintoxication de Frank nettoie tous les organes. En plus des irrigations, je dois également marcher une demi-heure dans un parc en respirant profondément pour nettoyer mes poumons. De plus, tous les deux jours, après m'être frottée avec une brosse à poils doux, je dois me tremper 20 minutes dans un bain d'eau salée pour accélérer l'évacuation des déchets par le plus grand organe du corps, la peau. Que de travail pour se faire du bien!
Au quatième jour, j'évacuerai avec stupeur mon enduit de caoutchouc (hé oui!). Ma peau devient immédiatement plus rosée, plus éclatante et des boutons d'acné récurrents disparaissent pour ne plus revenir. Chouette! Cependant, si, moi, avec mon alimentation riche en fibres et en salades, j'ai pu développer cette horreur, tous les Nord-Américains, avec leur alimentation dénaturée, doivent bien en avoir un, eux aussi, un enduit! « Pas tous, me dit Frank, mais beaucoup. Je rencontre souvent des étudiants, grands amateurs de pâtes, qui en ont un. Généralement, il ne se décolle pas au premier jeûne, mais au second. Cela veut dire que tu t'es bien nourrie, récemment.» Encourageant!
Au soir du quatrième jour, j'ai déjà perdu huit livres, et, le soir, Frank me fait manger deux oranges accompagnées de trois onces d'huile d'olive vierge. À ce moment de la désintoxication, le foie ne tentera pas de digérer l'huile, mais l'évacue tout simplement, entraînant avec elle tous les résidus contenus dans la vésicule biliaire et qui peuvent durcir avec les années pour former des pierres. Le lendemain, lors de l'irrigation, j'élimine une douzaine de petites billes rondes. « Tu aurais eu la vésicule pleine de pierres dans quelques années, » me dit Frank. Seigneur! Tout ce que j'ai pu m'éviter avec ce jeûne...
J'achèverai ma semaine de jeûne dans une extase physique et un bonheur inconnus depuis 20 ans. S'il existe un Dieu pour les journalistes bouchées, ses archanges se prénomment Frank et Lucie et officient...à Montréal.
L'irrigation coloniqiue peut nous sembler avant-gardiste ici au Québec, pourtant cette méthode de désintoxication est depuis longtemps répandue dans le monde entier. On y a recours pour prévenir et soulager entre autres des malaises intestinaux tels : constipation, diarrhée, ballonnements, gaz, etc.
Profession de l'avenir, car son utilité croît en parallèle avec l'augmentation alarmante : des maladies intestinales, de la consommation d'aliments industrialisés ou modifiés ou chimifiés et aussi l'accroissement des stress en tous genres. Comme si ce n'était pas assez, on utilise des médicaments - eux aussi de synthèse - pour soulager les inconvénients secondaires (dites maladies iatrogènes) et tout ceci perturbe et agresse davantage notre condition physique, mais malheureusement aussi notre équilibre psychique et spirituel.
Pour se protéger et éliminer de notre corps tous ces agents agresseurs (pesticides, colorants, agents de conservation...) qui l'envahissent bien souvent involontairement, l'irrigation colonique nous est d'un grand support. Cette technique demeure un moyen sûr, efficace et non-agressif de soulager nos organes et notre organisme tout entier en relançant notre vitalité globale.
Quel plaisir de constater qu'enfin la population désireuse d'utiliser cette approche, est protégée par un regroupement professionnel ayant vu le jour en 1995 : la CORPORATION CANADIENNE DES HYGIÉNISTES CERTIFIÉS DU CÔLON (CCHCC). Ce comité contribu à faire reconnaître l'irrigation comme technique de santé adjuvante aux thérapies alternatives mais aussi s'assure d'offrir au public la garantie que ses membres ont reçu une formation professionnelle et qu'ils travaillent selon des règles d'hygiènes strictes, notamment la stérilisation de l'eau, des instruments de travail et des lieux. Afin d'assurer une uniformité, ses membres doivent respecter un code d'éthique rigoureux. Ces normes furent établies après concertation auprès d'organisations qui, à travers le monde, travaillent avec acharnement à la promotion d'un hygiénisme professionnel (médecins et non-médecins) et cela depuis plus de 35 ans en Europe et aux États-Unis.
En faisant appel aux services d'un(e) hygiéniste du côlon membre de la CCHCC, vous aurez l'assurance d'une pratique sécuritaire et de services répondant à de hauts standards de qualité et de professionnalisme.
Pour de plus amples informations su la Corporation Canadienne des Hygiénistes Certifiés du Côlon ou pour connaître les hygiénistes membres de la CCHCC de votre région, composer sans frais le 1-800-650-9220 et à Québec le 667-0110.